Il faut saluer l’opiniâtreté et la maîtrise d’Isabelle d’Assignies. L’opiniâtreté, parce que, sans céder aux sirènes des modes et aux goûts du jour, elle a su affirmer la présence de son art. Ses œuvres inscrivent ainsi, dans l’art contemporain - l’art émergent, comme il est de rigueur de dire aujourd’hui -, la superbe et fascinante apparition de leurs beautés pétrifiées. Ces formes, ces «réalités» blanches, embaumant les fruits de la terre sous les couches de cires astringentes et thérapeutes, sont hors du temps, préservées à jamais du dépérissement, du pourrissement et de la poussière où elles ne retourneront pas. Elles sont là pour un éternel présent dans leur lumière lactée d’aube printanière. La force et l’évidence de telles œuvres, qui ne sont pas des natures mortes, mais bien des «vies tranquilles», dans le toujours de leur suspens dans le temps, viennent du métier parfaitement maîtrisé d’Isabelle d’Assignies, de sa quête résolue d’une perfection sage. Pour notre bonheur.